Le Coronavirus a mis au tapis de nombreux clubs de sport à Genève (TdG – 08.04.2020)

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Comment les clubs de sport s’adaptent pour garder la forme

Article de Chloé Dethurens – Tribune de Genève – 08.04.2020

Coronavirus : Le semi-confinement a mis au tapis de nombreux clubs et écoles de sport à Genève.
Certains trouvent des solutions de secours.
Des indépendants ont mis en place des solutions de secours pour permettre à leurs abonnés de continuer à pratiquer chez eux, tout en maintenant une petite rentrée d’argent pour survivre. Image: Getty Images

Yoga, CrossFit, pole dance, stretching, fitness, relaxation…

L’épidémie de coronavirus et la situation de semi-confinement ont mis au tapis de nombreux clubs et écoles de sport à Genève.
Mais plusieurs de ces indépendants sont parvenus à mettre en place des solutions de secours pour permettre à leurs abonnés de continuer à pratiquer chez eux, tout en maintenant une petite rentrée d’argent pour survivre.

Le sportif peut désormais suivre sa leçon sur son ordinateur, sa tablette ou son smartphone.

Mais les prix, l’accessibilité et les supports varient.
So Happy, studio qui propose notamment du yoga, a suspendu les cours collectifs avant l’interdiction fédérale.
«Quelques jours plus tard, nous avons proposé des cours online afin que les élèves confinés puissent garder une activité physique et se relaxer, ainsi que pour permettre à nos professeurs, tous indépendants, de poursuivre leur activité professionnelle», nous dit Sophie D’Hooghe, co-fondatrice.

Des écoles de danse ont également fait ce pari.
«Certains élèves se retrouvent confinés, seuls. Voir des visages connus et continuer à pratiquer sa passion dans une période comme celle-ci, c’est vraiment très important, explique Marie-Caroline Piotton, directrice d’Aerial Dance, à la Praille. Certains nous ont dit qu’ils attendent nos cours comme LE moment de leur journée.»

Outre le côté financier et sportif, les clubs mettent en effet en avant le lien social.
«Je pousse les gens à bouger chez eux, mais aussi à garder un contact avec une communauté, explique Florian Nicollier, directeur du club de CrossFit Le Rouge, aux Eaux-Vives.
Un rendez-vous en ligne, c’est voir et entendre les autres, c’est vivre un instant avec des amis, avoir une interaction sociale ! C’est aussi se préparer pour ce rendez-vous, se mettre en tenue, ranger un peu son salon, préparer du petit matériel…»

Certains cours se donnent sur Facebook Live, sur les sites des studios, d’autres sur YouTube.
Mais c’est la plateforme Zoom qui semble offrir le plus d’interactivité, puisqu’elle permet aux professeurs de voir et de corriger leurs élèves si besoin. Ceux-ci peuvent aussi s’inscrire sous un pseudo s’ils le désirent.

Certains clubs proposent leurs leçons habituelles, d’autres de petits challenges spécifiques (poses de yoga, abdominaux, etc.).

Le prix, lui, varie mais est généralement moins cher qu’en temps normal.
D’une totale gratuité, d’une donation ou fixe, souvent autour de 10 ou 15 francs.
Ici, le participant s’entraîne en effet avec son propre matériel et n’a pas accès aux commodités des studios.

Ce nouveau format, adopté par de plus en plus de studios et de clubs, voire de fitness (Activ Fitness a mis plus de 1000 cours en ligne), demande aux professeurs de s’adapter.
«Nous n’avons pas la même interaction avec nos élèves et nous devons mettre l’aspect sécurité en avant; nous ne sommes pas là physiquement pour assurer ou corriger, poursuit Marie-Caroline Piotton. Les seules corrections que nous pouvons apporter sont visuelles, selon l’image que nous avons de nos élèves.»

Il faut aussi que le cours soit faisable à la maison.
«C’est n’est pas simple d’adapter tous les exercices au salon de Monsieur et Madame Tout-le-monde, ni de donner les cours dans son propre salon avec enfants, chat, petit matériel…» complète Florian Nicollier.

Alors, la méthode permet-elle aux clubs de s’y retrouver ?

Pas forcément.
Les charges de loyer, en fonction de la durée du confinement, restent très difficiles à supporter, nous assurent différents interlocuteurs.

Pour le prof de CrossFit, «clairement, en fonction de l’évolution et de la durée de fermeture, nous allons vers des difficultés qui pourraient même mettre en péril notre entreprise».


Par Chloé Dethurens
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